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Bayer : «Nous ne créons pas de médicaments pour les Indiens, mais pour ceux qui peuvent les payer »

Selon les déclarations du PDG du groupe allemand Bayer, l’une des plus grandes entreprises de l’industrie pharmaceutique, Bayer produit des médicaments « pour ceux qui peuvent se les payer ».

«Nous ne produisons pas de médicaments pour les Indiens. Nous les produisons pour les patients occidentaux qui peuvent se les payer », a déclaré le PDG de Bayer, Marijn Dekkers, cité par le magazine Bloomberg Business Week . ( “We developed it for western patients who can afford it.”, ndlr)

Dekkers faisait référence aux nouvelles licences sur la propriété des brevets pharmaceutiques mises en œuvre par le gouvernement de l’Inde , une initiative qui a pour but d’inciter les fabricants locaux à produire des médicaments génériques à un prix moins cher et abordable pour l’ensemble de la population.

Cette mesure est destinée pour l’instant aux traitements contre le cancer , le VIH et le diabète, mais le gouvernement indien entend l’étendre à 20 médicaments.

Les nouvelles licences vont permettre à n’importe quelle entreprise du pays d’assurer la production de génériques sans le consentement du titulaire du brevet et sans le paiement de royalties.

La mesure vise à faire pression sur les fabricants pour qu’ils baissent les prix et et qu’ils entrent en concurrence avec les génériques, en plus de répondre aux besoins des citoyens les plus pauvres.

Ces licences ont déjà permis à une entreprise locale de développer le générique d’un anticancéreux de Bayer qui coûte 97% de moins que l’original.

Cette politique a irrité le pharmacien allemand, qui a décidé de recourir à la justice, considérant que ces licences constituent un «vol».

Selon des médecins de l’ONG Médecins sans frontières, cette affaire « reflète la façon perverse dans laquelle se développent aujourd’hui les médicaments. Les grandes entreprises pharmaceutiques sont clairement axées sur le gain et font pression afin de multiplier les brevets et faire monter les prix.

Dekkers s’est excusé pour ses propos en regrettant « ce qui a été une réponse rapide dans le cadre d’une discussion mise en lumière d’une manière que je ne souhaitais pas. Elle est à l’opposé de ce que je souhaite et de ce que nous faisons chez Bayer ».